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3 Picasso avant le petit déjeuner
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3 Picasso avant le petit déjeuner

Par DAVID STEIN avec la collaboration de Hervé Prudon
Copyright Editions Robert Laffont, Paris, 1990.

Je n'étais plus un "fait divers", pas encore un peintre, un créateur débarassé des influences. Pas d'affluence à mes expos new-yorkaises, mais une presse amicale, bienveillante, attentive, et des amis, beaucoups d'amis. Des journalistes, des photographes, des artistes, des musiciens, des écrivains, des poètes ! Ces expos, ces cocktails étaient l'occasion de rire, de boire, se déguiser, faire la fête. En 82, c'ést le vernissage d'une expo que je faisais à La Coupole, dans la 32e Rue. C'était une réplique assez exacte quoique très américanisée du célèbre restaurant du boulevard Montparnasse. Des journalistes venaient m'interroger. Des photographes se pressaient autours de moi, monsieur Stein, une photo. L'un d'eux s'appelait Stéphane Korb. Il n'avait rien du Rouletabille de clown qui vous arrache un sourire, vous le vole. Il était presque ombrageux, ténébreux. Il voulait voir mon atelier, mes projets, mes ébauches, ce que je faisais de plus personnel. Ce type aimait mieux la peinture, l'image, que le scoop. Un free-lance, français, parisien. Nous avons parlé de Paris. Les années 80, les espoirs, les ennuis. "Des ennuis, y en a dans l'monde entier, oui mais dans l'monde entier y a pas partout Paris, v'là l'ennui" dit une chanson de Francis Lemarque. Ce Francis si gouailleur est le père de ce Stéphane, si secret. Après cette expo, Stéphane a placé ses photos. Il publie toujours ses photos, d'abord parce qu'elles sont bonnes, et aussi parce qu'il présente l'affaire comme si sa vie en dépendait. Les gris nuancés qu'il développe sur ses clichés, il les mets dans sa vie. Exigeant, il voudrait que tout soit parfait. Il est capable de me demander de recommencer une toile pour qu'elle soit plus conforme à l'éclairage qu'il désire. Il me critique. Mais il me suit, il suit mon travail. A une époque où je n'interessais personne sinon ma famille et une poignée d'amis, il revenait me voir, de Paris, je l'hébergeais dans le salon du loft, il photographiait tout.

- Que vas-tu faire de ces photos, Stéphane ?

Il répondait par un sourire évasif. Et un ou deux mois après il m'envoyait une coupure de presse, avec les photos publiées. Grâce à lui je restais en contact avec Paris, la France. J'avais l'impression de n'avoir pas entièrement disparu du circuit. Quon m'attendait, et qu'il fallait que je réponde à cette attente.
Il a toujours une nouvelle idée d'article, un sujet, une mise en situation. Une fois réalisé, son projet tient debout. Le lendemain il est en Australie ou à Moscou. Si le téléphone sonne à trois heures du matin, je saurai que c'est lui.

- David, tu dors ?

- Non.

Et je n'ai plus qu'à me mettre au travail, ce qui est, pour un artiste, préférable au sommeil.

TROIS PICASSO AVANT LE PETIT DEJEUNER
Par DAVID STEIN avec la collaboration de Hervé Prudon
Copyright Editions Robert Laffont, Paris, 1990.

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